Le carnaval

Le carnaval est une grande fête populaire qui réunit tous les guyanais pendant deux mois de fièvre qui font vibrer ses adeptes. Le Carnaval de Guyane Depuis l'antiquité, les différents peuples ont constitué des fêtes joyeuses. C'est ainsi, que l'on retrouve chez les Egyptiens, les fêtes d'Isis et du Taureau, la fête des Sorts chez les Hébreux, en Grèce les Baccanales, et à Rome, les Lupercales et les Saturnales. Festin, musique, danses et déguisement formaient le fond de réjouissances. De nos jours, le Carnaval de Venise, de Nice et de Rio n'ont pas leur pareil dans le monde. La Guyane se consacre elle aussi à cette tradition, vieille de cent ans. Depuis l'Epiphanie jusqu'au mercredi des cendres, tous les dimanches, toutes les villes dont Cayenne plus particulièrement sont en proie aux joyeux divertissements du Carnaval. Dans le journal de voyage de Vanina, nous extrayons à propos de ce Carnaval, la description que notre distinguée compatriote, Melle Paulina Léandre, femme des Lettres fait de son vécu carnavalesque d'il y a trente ans... Saviez-vous que notre Vaval Guyanais a plus de cent ans ? Faisons ensemble un petit voyage dans le temps, pour voir comment, il y a trente ans d'aujourd'hui, les " Tinèg Kayenn " dont j'étais, se di-vertissaient de l'Epîphanie aux jours gras, et vivaient le carnaval de chez nous. Le carnaval d'antan n'avait rien à voir avec les défilés-spectacles qui font l'admiration touristique de nos jours. S'ils sont certes très beaux, nous, carnavaliers actuels, avons perdu la participation du public qui reste tristement figé sur les trottoirs de " Granlari ", étranger à un événement, où naguère il participait avec rires ou frayeurs ! D'abord, " Touloulou ka défilé an lari, a pa té bagaj timoun " ! Il était donc hors de question, pour nous enfants, d'être autorisés à nous déguiser et encore moins de défiler dans les rues. Une effroyable et en même temps, délicieuse peur décourageait tous les gamins, même les plus crâneurs ! A cette époque, nos aînés bien grimés, entièrement masqués, anonymes, formaient des bandes qui se promenaient à travers toute la ville, et nous guettions les plus fameuses, du coins de nos rues, pas trop loin de nos maisons, où nous nous réfugions à la moindre alerte Il n'était pas non plus d'usage de s'endimancher, se toiletter car ces après-midi là, nous participions avec délice et crainte " aux jeux des touloulous "... Le carnaval moderne a complètement oublié que notre tradition exigeait que l'on se déguise, non pour parader mais pour effrayer ou pour divertir les garnements des quartiers populaires de la ville. Chacun des personnages traditionnels avait un code, une complicité, une invective établie : - Le " Jéfarin " blanchissait de farine tous ceux qui osaient l'interpeller en criant " "Jéfarin! "... - Celui qui se revêtait du costume de " Lanmôzépeng " enveloppait de son drap blanc, les intrépides qui ne s'enfuyaient pas à son approche et les piquait avec de petites épingles - Les " Zombi ", étranges et jovials, en chemises de nuit blanches ceinturées de rouge avec leur tête triangulaire, défilaient accrochés à une corde dont ils entouraient les badauds. Ils pénétraient par moment dans les maisons ouvertes en répétant en cadence au rythme d'un sifflet " Ha, zonbibaréyo ! baréyo ! baréyo ! Ha, zonbibaréyo ! ". - Moi, je m'enthousiasmais des facéties de "bobi ", un personnage éléphantesque, et lourdaud revêtu de " sak pomté ", qui n'arrivait jamais à obéir aux ordres du dresseur qui l'accompagnait de sa flûte, le fouettant parfois pour l'obliger à obtenir du public massé sur les balcons, de belles pièces de monnaie sonnantes et trébuchantes... Tous les enfants aimaient à le suivre et en choeur nous supplions le dresseur: "" Mouché ! Mouché ! Fé bobi dansé ! Fé li priyé ! Fé li roulé atè ! " On pourrait évoquer encore les " balayeuses de rues " armées de leur "balélyanfranch " ou les " vidangeurs " en tenue rayée des anciens déportés, qui mimaient les petits boulots du Cayenne endormi, ces métiers tellement ingrats et pourtant indispensables de cette lointaine époque. Mais imaginons plutôt, les " djabdanbwèt ", ces touloulous méconnaissables et malicieux qui incitaient notre curiosité, quand il proposaient aux passants de leur révéler le contenu secret d'un boîte bien dissimulée aux autres regards - "Sanssou pou wè ! ! Si to ka bau mo soumaké, mo kéfè to wè bèl kichoz ! " - tout comme cet autre, habillé en "Sousouri vôlô sapoti ! "... Voir quoi ? Nous ne le sûmes qu'une fois devenus grands et ça n'en valut pas la peine, car leur trésor caché était très souvent "roun vyè potchamb sal ". Mais le déguisement que nous, enfants, redoutions le plus, celui qui était la terreur même, demeurait le fameux " bef ". Deux vraies cornes acérées, vêtu d'une robe noire, la face velue, ce personnage en général toujours très véloce, nous faisait détaler, cent mètres à la ronde, et c'est de bien loin, après avoir assuré nos arrières que nous le narguions tout haut : " Béf, vôlô ! Béf, vôlô béf ! Vini kouri ! ! " Furieux, fulminant, ruant, l'homme car s'en était un après tout, fonçait à nos trousses pour administrer aux imprudents qui se faisaient prendre, quelques coups de cornes et des ruades, de quoi passer un bien mauvais moment. Pourtant dès l'accalmie, aux aguets, nous repartions à l'affrontement, endoloris, inquiets, mais tellement heureux de ces courses folles et de notre sotte frayeur ! De tous ceux qui nous ont le plus impressionnés, on gardera l'image d'un " Montperat " ou d'un " Caristan ", des géants qui nous rattrapaient en trois grandes enjambées, et alors ... Puis venait le Mardi Gras, et sortait le " Papadjab ", dans un combiné rouge, avec ses six cornes noires et sa tête hideuse décorée de petits miroirs. Il portait une longue barbe tressée, une queue et une fourche. De sa voix grave, on l'entendait de loin entonner sa sinistre mélopée : " Dja-aka désann granlari, granlari, granlari ! " ou encore, " Ha jozéfin a talala ! A mo ki Lisifé a talala ". Même les plus hardis ne se hasardaient pas à rester pour le voir déambuler : " Adèyé persyènn nou té ka djété lô li ka pasé !!! " Menant un meute de diablotins écarlates, le célèbre " Monsieur Lafortune " terrorisait tous les enfants qui comme moi se cachaient sous leur lit, tremblant d'effroi à l'idée, à l'idée qu'il pourrait ouvrir la porte du vieux corridor, pour nous emporter. Mercredi des Cendres était déjà le grand jour où sortaient " dyablès " : une robe noire nouée d'un carré blanc, une coiffe blanche, des chaussettes et des gants savamment dépareillés en demi-deuil, et surtout le vacarme des casseroles qu'elles traînaient à leur suite. Elles se larmoyaient autour du bûcher funéraire de leur roi défunt, dressé au milieu du canal Laussat ou planté dans la vase de " Zamandyé " et l'on entendait : " Vaval mouri ! Vaval mouri ! ". Je ne pourrais oublier très tôt le matin, la tradition du " vidé touloulou " qui déchirait de ses rythmes endiablés les rues endormies de la ville. Clarinettes, chachas basses, trombones et trompettes menaient la sérénade pour des " larivyésalè " ou autres touloulous titubant après une folle nuit passée au "Soleil Levant. Que sont devenus les bals titanes du " Tibalkon " ou du Guyanapalace " ? C'est en ce temps-là que furent créés les plus beaux airs de carnaval, pudiques mais malicieux à souhait que nous chantions en cachette : " Papiyon volé sé volé nou ka volé ! " " Boum yaya apiyé loto ! " " Dé kabaré vis à vis ! " " Ho manman mi traka ! ". C'est au dernier jour que retentissait le célèbre : " Adieu cher Carnaval jusqu'à l'année prochaine, si bobyé gadé-nou, nou ké anmizé-nou ! ". Alors, dans nos petites têtes de gamins fascinés, se mêlaient, le mystère des acteurs, la magie des costumes traditionnels, l'ivresse des rythmes et des chants. Subjugués, nous avions hâte de devenir ces adultes qui se livraient à ces libations coquines, tout en voulant rester le plus longtemps possible, les enfants qui savaient s'en divertir !!!

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Commentaires (15)

1. guitou44 17/03/2005

quelles sont les dates de ce carnavals s'il vous plait?

2. Claire 29/04/2005

Je fais des recherches sur les costumes du carnaval en Guyane et je suis surprise de voir que les textes sur ce sujet sont toujours les mêmes et parfois même des plagiats.
C'est dommage.

3. Jean-Claude 23/05/2005

Sujet très bien traité qui met en lumière certains aspects de l'education de l'époque et aussi du mode de vie. Ayant, aujourd"hui fait table rase de notre Passé, notre Présent laisse augurer des jours bien tristes pour notre Carnaval. L'Argent pourrit TOUT, à commencer par les Hommes

4. josephine du 973 06/12/2005

la carnaval de guyane es un carnaval très spécial il a son opriginalité et réunit vraiment toute la population guyanaise.D'ailleur c'est la période préférée des jeunes!!sinon je le trouve très bien cet article merci!

5. laura du 63 20/12/2005

Cet article a l'air bien mais est écrit trop petit! Et puis, vous ne parlez pas des autres fêtes!

6. tisskiss97yonn 10/02/2006

yep!!G été en guyane C tro OP franchteman fo ke vou Y alié parske c Dter rien ke d choli cheune homme la

bref en définitif : alé y

7. titur 11/02/2006

il ya pa d'image

8. Céline 01/05/2006

je suis déçue de ne pouvoir faire visiter un site sur la guyane à un ami qui se destine à y aller!!!quel domma

9. sadou 10/09/2006

je trouve adorable un site sur notre belle guyane montrant aux autres je dis bien aux autres quand on vaut bien la peine kissous mettez plus de tofs et bonnes continuations

10. sophie 21/01/2007

je trouve que ses pas un beau pays pasce que les noirs son moche je lolol mais j aime pas se pays pasce que j ai pas comment il sont habbille on dirait des baraqui et en plus se site est nul mais archis nul pasce que moi j aime pas les noirs je rigole meme si j aime pas se pays a la con voila alors tous seux qui on ecrit des truc sympas sur ca ses des con
voila signer sophie

11. mitu 31/01/2007

Photographies du carnaval de Guyane de 2001 à aujourd'hui.
pendant la période du carnaval mise à jour chaque semaine.

http://carnavalguyane.blogspot.com

12. nina 05/04/2009

13. christel 31/01/2010

très bien cet article mais n'y a t il pas des repas spécifique au carnaval?

14. benji973 (site web) 22/01/2014

trop nul le carnaval

15. benji973 (site web) 22/01/2014

OK sais bon

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