Les ethnies

Les ethnies La forêt prend une place essentielle au sein des cultures des peuples amérindiens et bushinengue. Bien plus que tous les autres groupes humains établis en Guyane, ces peuples se sont insérés dans ce milieu naturel. Pour l'essentiel les exemples sont pris dans les cultures amérindiennes, mais il ne faut pas perdre de vue que les peuples marrons s'inscrivent dans cet environnement d'une manière peu différente, empruntant au demeurant aux Amérindiens une part de leurs connaissances sur le milieu et de leurs techniques de chasse et d'agriculture. La chasse et à la pêche en rivière, qui supposent des savoirs naturalistes adaptés, constituent une part importante de ce grand thème. La faune est notamment représentée à travers une série de planches zoologiques du 18ème siècle montrant les principaux animaux chassés. Tout comme certaines techniques de chasse et de pêche, et notamment l'archerie amérindienne qui met en jeu des savoir-faire et un matériel complexes arcs, séries de flèches, techniques de l'empennage...L'agriculture pratiquée par les peuples amérindiens et bushinengue sera abordée comme mode d'insertion des communautés humaines dans un écosystème, et comme moyen d'appropriation de la nature.On peut noter la diversité des productions de cette agriculture, avec toutefois une base alimentaire primordiale : le manioc et ses différentes variétés. Les Amérindiens Pour les groupes amérindiens, l'exposition devra rendre sensible la richesse d'une culture qui ne produit que peu de biens matériels, et qui s'exprime notamment à travers les mythes et l'histoire orale, dans le domaine du religieux, ou encore à travers les représentations des systèmes de parenté et de l'organisation sociale... Une culture communeUne longue histoire commune, d'incessants échanges entre des groupes que les migrations venaient à mettre en contact, mais aussi leur insertion dans un milieu naturel assez fortement contraignant, caractérisent l'ensemble des peuples amérindiens qui vivent dans la région des Guyanes : tout en affirmant une identité ethnique propre, chacun de ces peuples partage avec les autres un grand nombre de traits culturels, dessinant un fonds amérindien assez homogène.Il est difficile de dresser un inventaire de ces cultures mais il est possible de développer quelques exemples particulièrement significatifs montrant l'existence de formes culturelles communes, tout en explorant les principales variantes ethniques que les collections permettent d'illustrer.Techniques et division sexuelle du travail La céramique : un art fémininSi les formes ne varient guère d'une ethnie à l'autre, les décors des céramiques (dessins géométriques, figuration d'animaux stylisés, motifs mythiques, appliqués par peinture ou modelage) témoignent de véritables styles ethniques, à travers lesquels peuvent se lire tout à la fois l'affirmation d'une culture originale et les diverses influences qu'elle a subies au cours de son histoire. Les hommes et la vannerie Séquence de fabrication Typologie des points de vannerie. Inventaire des formes : vanneries traditionnelles et création ou emprunts contemporains. Formes de socialisation La configuration particulière des systèmes de parenté amérindiens est explicitée à travers une évocation des rôles sociaux au sein de la famille, et par la présentation des systèmes d'alliance et des circuits d'échange.Les rites de passage, comme les cérémonies du marake et leurs différentes formes selon les groupes seront illustrés par des gravures, des textes ou des objets. Par delà leur diversité, les sociétés amérindiennes ont en commun des modes d'occupation de l'espace et une projection sur le sol des systèmes sociaux qui les distinguent radicalement des formes d'organisation caractérisant les autres groupes.Un art de vivre : l'espace domestique et la cuisineLa reconstitution d'une case de cuisine sera l'occasion d'évoquer les modes de préparation et de consommation alimentaires, ordinaires ou cérémonielles et festives (cachiri). Penser l'univers Un autre monde : le pyaye et l'univers des esprits Statut, savoirs et pratiques du chamane Ethnomédecine Mythes et cosmogonies amérindiennesL'esthétique : le point de vue amérindienDeux thèmes permettront de montrer l'existence d'une esthétique proprement amérindienne : L'art de la plumasserie des peuples amérindiens La musique : un art du souffleUn style ethnique. l'esthétique GalibiOn dépassera ici la présentation des techniques pour montrer comment les diverses composantes d'une culture se rejoignent ou se répondent : le vocabulaire décoratif Galibi, qui est appliqué aux céramiques, se retrouve dans plusieurs domaines de la production matérielle ou symbolique de l'ethnie, comme les points de vannerie ou encore les peintures corporelles appliquées aux hommes par les femmes lors des cérémonies de deuil, et présente des affinités avec l'élaboration mythique.Affirmations identitairesIl n'est pas question ici de dresser un inventaire des marqueurs identitaires de chacun des groupes amérindiens mais plutôt de donner, pour chacun de ces groupes, un exemple d'affirmation identitaire forte à travers un trait culturel que l'ethnie a porté à un rang emblématique : par exemple, les cérémonies de deuil (épéko:do:no) comme ciment ethnique des Galibi. Les Bushiningues L'histoire des peuples bushinengue, présents sur les deux rives du fleuve Maroni trouve son origine aux 17ème et 18ème siècles au Surinam.Ces peuples ont élaboré la culture originale et ont développé des formes esthétiques qui leurs sont propres. Riche et variée, la culture bushinengue revêt de multiples aspects. Les collections du Musée de Guyane permettent de rendre compte des origines africaines des esclaves importés au Surinam et en Guyane. Des textes et des documents rappellent la brutalité de l'esclavage au Surinam, cause principale des révoltes donnant naissance aux groupes marrons.Dans le cadre du futur musée régional, sera évoquée la diversité linguistique et culturelle des Marrons de l'ouest (Kwinti, Saramaka, Matawai) et de l'est (Aluku, Ndjuka, Paramaka), née des révoltes successives.Pour ces peuples déracinés, ''l'occidentalisation'' depuis leur arrivée au Nouveau Monde, s'est faite peu à peu à travers notamment des relations qu'ils ont entretenues avec les populations côtières, par exemple à travers l'importation d'objets ou l'exportation de travailleurs temporaires, etc... On note aussi l'influence importante des amérindiens dans le domaine de la vie matérielle : vêtements, techniques d'horticulture et de préparations alimentaires, exploitation de la forêt, etc. Pour autant les origines africaines de ces peuples n'ont pas été oubliées : l'influence des diverses cultures africaines d'où venaient les ancêtres des Marrons reste importante et essentielle sur les traits principaux de leur vie sociale et spirituelle : organisation politique, parenté, division sexuelle, mariage, transe et divination, rôle des ancêtres dans la vie quotidienne... L'art bushinengue est unique. L'existence de choix conscients de la part des artistes en matière de forme, de symétrie, de couleurs, de patine, etc., pour chacun de leurs moyens d'expression artistique est remarquable. Les objets présents dans les collections du MCG rendent sensibles les catégories esthétiques des Marrons, leurs préférences pour telle ou telle forme plastique, ou encore les distinctions qu'ils font entre une esthétique "masculine" et une esthétique "féminine". De la même manière, on remarque les différences régionales reconnues en matière d'esthétiques. Il est intéressant également de constater à quel point les cultures marrones perçoivent les phénomènes d'innovation et d'improvisation, et la façon dont une production variée et changeante naît de l'activité créatrice de chaque artiste, évoluant de génération en génération, d'une façon propre à chaque moyen d'expression.Les Bushinengue en sont conscients et élaborent à ce sujet un discours qui constitue une véritable "histoire de l'art", avec des périodes nommées, des maîtres connus, et des changements stylistiques par le passé et aujourd'hui.Une grande partie des collections rassemblées, et surtout les objets en bois et les textiles sont classés selon les catégories stylistiques reconnues par les Marrons eux-mêmes. Cet aspect des sociétés bushinengue peut être abordé à partir de n'importe quel élément de leur culture. En effet, tout en ayant en commun nombre de traits culturels, les Bushinengue de l'ouest et les Bushinengue de l'est ne mangent pas les mêmes repas, ne dansent pas les mêmes danses, ne racontent pas le même genre de contes, n'entrent pas en transe pour les mêmes divinités, et ne partagent pas le travail entre hommes et femmes de la même façon.Cette diversité culturelle, toujours dans le cadre de leurs origines communes, peut être mise en évidence à partir d'exemples pris dans des domaines de l'art et de la vie matérielle montrant les innombrables variations des costumes, des techniques artisanales et des styles artistiques. Les Créoles La société d'Habitation naît au 17ème siècle de l'installation permanente des européens. Elle voit apparaître en germe et se préciser les formes de rapports sociaux et les traits culturels caractérisant la société créole qui s'affirmera au cours du 19ème siècle.La société d'Habitation rassemble des populations dont les rapports, souvent plus complexes que ce qu'une histoire conventionnelle laisse percevoir, viennent infléchir la stricte hiérarchie du système esclavagiste : les colons eux-mêmes ont des conditions de vie très diverses, et s'insèrent différemment dans l'économie et dans la société coloniale ; de même, à côté de la population des esclaves -dont le statut et le traitement sont différents selon leur travail sur l'Habitation- prend place à Cayenne le groupe des mulâtres et des noirs libres, qui constituent progressivement une microsociété dans laquelle on peut lire les prémisses de la culture créole. Différents aspects de la culture qui se forme à la période de l'Habitation, période marquée par une dynamique double et ambiguë qui caractérise le processus de la créolisation, seront développés : affirmation d'une identité culturelle propre de la part de l'esclave ou du marron, et poids du système colonial, conduisant à rechercher l'assimilation culturelle qui peut ouvrir la voie à une ascension sociale. Bi-i-polarité de la société d'Habitation A la grande Habitation fonctionnant sur le modèle sucrier des Antilles, peu représentée en Guyane, s'oppose ici le modèle de la petite Habitation roucouyère, qui perpétue au cours du 18ème siècle le type d'établissement des premiers colons, exploitants souvent pauvres, dont les conditions de vie ne sont guère éloignées de celles des esclaves qu'ils font travailler.Les fouilles de l'Habitation Poulain à Rémire montrent, sur trois générations, l'ascension sociale d'une famille d'exploitants, passant du statut de petit "habitant" à celui de grand propriétaire. Le niveau de consommation de cette famille, à différentes époques, et singulièrement la qualité de la céramique employée dans l'habitation, indicateurs d'un style de vie, illustrent cette bipolarisation socio-économique. La vie sur une Habitation au 18ème siècleOutre l'étude des structures architecturales et des témoins matériels de l'activité de l'exploitation, on cherchera à donner ici, à partir des fouilles de l'Habitation de Macaye et de la poterie Bergrave à Rémire, une vue synchronique de la microsociété que crée l'Habitation, et des rapports qui s'y établissent entre maîtres, esclaves et agents d'autorité intermédiaires.Une donnée particulière de l'histoire de la colonisation en Guyane est la présence, dans les échanges de toute sorte, des populations amérindiennes installées à proximité des zones de colonisation. Cette section devrait faire apparaître ce point, en montrant par exemple la place que tiennent les Galibi dans le système des relations au sein de la colonie.L'apogée et la fin de la société d'habitationCette période sera évoquée à travers les résultats des fouilles de l'habitation Vidal, grande exploitation sucrière au 19ème siècle, qui manifeste l'ultime transformation économique et sociale du système de l'habitation avant son déclin dans la seconde moitié du siècle. Cayenne et les gros bourgs ruraux de Guyane sont, tout au long de la période qui s'étend des lendemains de l'émancipation à l'entre-deux guerres, le creuset où a pris forme et s'est affirmée la culture créole que l'on connaît aujourd'hui. L'or L'épopée de l'or, qui marque un tournant décisif dans l'histoire de la Guyane créole, est largement représentée dans les collections à travers photographies, coupures de presse du "temps de l'or", romans, affiches de film, pour déboucher sur les rêveries contemporaines des "garimperos" brésiliens qui entendent se déplacer vers la Guyane, nouvel Eldorado... Le Bagne L'institution du Bagne est un élément important de la vie guyanaise de la fin du 19ème et des premières décennies du 20ème siècle, et constitue un enjeu dans l'imaginaire collectif et dans le système des représentations contemporaines sur la Guyane. La culture créole Grâce aux collections du Musée de Guyane, il est possible d'évoquer, à travers ce qui serait une chronique du quotidien, la vie dans le Cayenne du début du siècle, et dans les bourgades rurales, donnant à comprendre les grands traits du fonctionnement de la société et de la culture créoles. Plusieurs points peuvent être développés, montrant les hiérarchies sociales autour desquelles se forme l'histoire du groupe créole, et permettant une analyse des processus mêmes de la "créolisation" :L'architecture créole (maison bourgeoise de ville, maison de commerce, petite maison de bourg, case rurale...), rendent compte d'une diversification des modes de vie, et permettent d'aborder l'articulation entre une culture citadine et une culture paysanne, fondement d'une dynamique qui marquera durablement l'espace social créole.L'exemple du vêtement rend également sensible l'inscription sociale des hiérarchies à l'intérieur même des différentes composantes du groupe créole : "bourgeois et petites gens"... Les exemples du mobilier et de la musique servent également d'illustrations pour montrer les processus de créolisation, formant progressivement une culture originale à partir d'une composition du fonds africain originel, de l'intégration des divers apports historiques, et d'une quête de l'assimilation à un modèle culturel européen dominant, dans une situation de type colonial. Les Hmongs Une partie des peuples qui composent la Guyane d'aujourd'hui sont porteurs de cultures radicalement différentes des cultures présentes de longue date dans cet espace. Ces groupes sont confrontés au double défi d'une intégration dans un tissu social et économique qui n'est pas celui du milieu dont ils sont issus, et du maintien de leur identité culturelle. La question, essentielle en Guyane aujourd'hui, des cultures "transportées", s'attache à faire ressortir les processus d'adaptation, d'évolution des caractères culturels propres, tout en montrant les capacités du groupe à préserver des traits culturels qui sont des marqueurs importants de son identité. L'exemple des hmongs est à ce titre remarquable. Venus à la fin des années soixante-dix, fuyant le Laos, ils se sont installés à Cacao, sur la commune de Roura dans un premier temps et plus tard dans la région de l'ouest, à l'Acarouany. Leur connaissance en agriculture et leur faculté d'adaptation leur ont permis une intégration exemplaire.

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Commentaires (8)

1. Furgile SAMSON 21/04/2005

J'adore les mangues (Hmongs)je les dégustes avec plaisir

2. Youyou 25/05/2005

ça m'a l'air assez complet, bon travail de recherche!

3. salade extrême 20/06/2005

moi j'adore les salades de papaye des hmong très relevé ça vous met le feu!, estomac fragile s'abtenir!

4. penny 08/08/2005

tres bon site, bon taf de recherche.
re: c'est vrai que les salades de papaye sont tres tres spice (hot), sa vous met vraiment le feu au ventre.(jadore)

5. revelino 26/10/2006

j'adore tou les cultures gutanaise comme la culture noire marrons ,indiennes ,créoles

6. Dani 04/07/2007

salut a tout le monde!
je suis bresiliene e j'etude la formation du français guianais et je n'ai qu'un livre d'histoire tres ancien... je voudrais savoir où je peux acheter des livres... merci

7. paola 24/01/2008

merci j devais faire un dossier sur la guyanne et ton site ma était trés utile a +

8. kaka 03/10/2010

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